Pour remplacer les engrais chimiques à moindre frais et arrêter l'érosion des sols au champ comme au potager : la technique des Semis Direct sous Couvert

Publié le par Jo404

images.jpegA l'heure de la remise en question des engrais de synthèse, le jardinier amateur, comme le professionnel (re)découvre l'art du compostage. Il fut un temps où la richesse d'un fermier se mesurait à la taille de son tas de fumier. Pourquoi cet esprit s'est-il perdu?

 

Bref Historique

 

Revenons quelques années en arrière, avant la seconde guerre mondiale. Jusqu'à cette période, toutes les fermes associaient le paysage, la culture et l'élevage, soit, l'agro-sylvo-pastoralisme. Ce système permettait au fermier de recycler ses résidus de culture, les débris de taille de ses arbres et les déjections de ses animaux par le compostage. Cette production de fumier, permettait de re-amender le sol pour les cultures suivantes. Ce compostage, bien qu'il soit un procédé long et fastidieux par la nécessité de le retourner régulièrement afin que la fermentation se fasse de façon homogène, assure la totale destruction des éventuelles graines restantes ainsi que les éventuels résidus de traitement des animaux.

 

Après la seconde guerre mondiale, la PAC (Politique Agricole Commune), dans sa politique de productivité, a contraint les agriculteurs à se spécialiser. Cette spécialisation a éloigné l'élevage de la culture (souvent céréalière) et a donc empéché la production de fumier composté. Certains sont allés jusqu'à se faire livrer le lisier depuis l'autre côté de l'atlantique! Cependant, l'industrie a cru répondre à ce problème en synthétisant les engrais anciennement produits par ce compostage.

fumier

Le compostage comme alternative ?

 

Cette parenthèse historique faite, revenons donc au concret. Les problème de ce type de compostage, sont d'une part, le temps et la difficulté de fermentation. En effet, même disposé en andain (voir photo), ce procédé nécessite plussieur retournements et peux prendre, selon le climat, jusqu'à 2 ans pour obtenir un compost correct. D'autre part, ce compostage, demande une place suffisante et prive donc le fermier d'une partie de son terrain.

 

Et si on suivait l'exemple de la nature ?

 

La solution serait peut être de reproduire ce que la nature fait très bien elle même depuis des millénaires. Tout le monde a cette image du sol de sous bois riches, léger et grouillant de vie. Cette image n'est pas une impression, mais une vérité complètement expliquable. En forêt, les feuilles des arbres ainsi que les branches mortes qui tombent au sol forment une fine couche de litière qui, dans un sol non travaillé, permet à la vie de ce dernier de décomposer tout ces résidus. L'intervention de l'homme étant inexistante dans ce processus, la litière est en perpetuel renouvellement ainsi que la faune servant à la détruire. Car bien que ces animaux meurent (de façon naturelle cette fois), rien ne les empèchent de se _pay0014.jpgreproduire. De plus, les cadavres permettent de mettre en action des champignons et des bacstéries encore différentes, mais qui permettent de nourrir tout aussi bien le sol. On en connait tous un exemple de ces champignons, le cèpe!

 

v3lmvk98.jpgLes Semis Direct sous Couvert

 

Certains essayent donc d'imiter ce processus. La solution? Le Semis Direct sous Couvert (SDC), qui est un des chevaux de bataille de Claude et Lydia Bourguignon au niveau de la revitalisation des sols (voir les vidéos de la conférence suivantes : revitalisation de la terre). Prenons une parcelle sur laquelle seront semées des courgettes. Les graines étant de grande taille, il est inutile de pratiquer un désherbage très fin. En effet, un vulgaire griffage du sol suffit à séparer la "mauvaise herbe" se ses racines, ce qui entrainera donc sa mort. Au besoin, il est possible de rajouter une fine couche de paille sur l'ensemble de la parcelle. La slide9.jpgcourgette lèvera en trouvant son chemin à travaers cette couverture. Durant toute sa période de production, la courgette ne se verra pas concurencée par les mauvaises herbes du fait que la couverture en place, privant le sol de lumière, empèchera leur germination.

 

La décompostion lente de cette couverture permettra de fertiliser le sol en même temps qu'elle le protègera. A la fin de la période de culture de la courgette, nous laisserons mourrir les pieds sur place, de manière à ne pas priver le sol de cette précieuse litière. La vie biologique du sol étant favorisée par cette méthode permettra de semer en suivant une nouvelle culture, du navet par exemple (attention aux rotations!), directement au millieu de ce couvert en décomposition, sans aucun travail du sol.

 

Une illustration des semis directs sous couvert :

 

Cette méthode est proposée comme une expérience. C'est à chacun de bien connaitre son sol, et de cultiver "en bon père de famille". Cette méthode permet une agriculture durable du fait de son respect de la biodiversité, de sa façon de rendre 2385065731_9b8e9e61e2.jpgau sol ce que la culture en place lui prend, ainsi que de valoriser l'ensemble des déchets produits sur l'exploitation, car même si cet exemple est fait avec de la paille, l'expérience sera la même avec des feuilles mortes, ou bien encore des résidus de taille de haies ou d'arbres feuillus (pas de résineux!) broyés, aussi appelés Bois Raméaux Fragmentés (BRF).

 

Pour plus d'information, vous pouvez aussi visiter le site du réseau agroécologie.

 

Cet article s'est fortement inspiré d'un article paru sur le blog du mouvement agrologique.

 

Publié dans Revue du Web

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