Paradis fiscaux : un enfer pour le développement

Publié le par Jo404

paradis-fiscaux-laves.jpgPublié le 02/02/2010 sur http://www.univers-nature.com

 

L’association Les Amis de la Terre France a présenté hier la traduction française du rapport « Un enfer pour le développement : Comment la Banque Européenne d’Investissement cautionne les paradis fiscaux ».

 

Ce rapport, réalisé par les réseaux Counter Balance (1) et Eurodad (2), met en lumière les relations entre la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et des structures financières utilisant des paradis fiscaux.


L’étude démontre qu’un important volume de prêts de la BEI est allé à des banques européennes impliquées dans des scandales liés à des pratiques fiscales illicites. Un montant total de 5,66 milliards d’euros a ainsi été accordé, ces cinq dernières années, aux banques françaises, néerlandaises et anglaises les plus impliquées dans des paradis fiscaux.

De même, 210 millions d’euros sont allés à des fonds africains utilisant les paradis fiscaux dans leurs stratégies d’investissement. De nombreux crédits de la BEI passent aussi par des filiales de multinationales installées dans des paradis fiscaux.


L’implication de structures installées dans des lieux entraîne à la fois de l’opacité et des pertes fiscales pour les pays en développement. Ainsi, pour l’année 2007, à titre d’exemple, le Nigeria, le Ghana et le Sénégal ont été privés respectivement de 92, 42 et 12 millions d’euros.


Depuis quelques années, la BEI est régulièrement critiquée pour sa politique d’investissement.

 

Les Amis de la Terre se félicitent que, suite à ces critiques, « la BEI a publié une nouvelle politique intérimaire sur les centres financiers offshore en août 2009, dans laquelle elle s’engage à ne plus soutenir les entreprises localisées dans des juridictions classées comme étant sous surveillance ou interdites par les institutions internationales ».

Cependant, pour l’association, cette nouvelle politique est insuffisante et la BEI doit «se baser sur des classifications crédibles des paradis fiscaux et centres offshore, et qu’elle ne se contente pas des listes de l’OCDE, dont la liste noire est aujourd’hui vide ».

De plus, l’association demande plus de transparence sur les circuits intermédiaires financiers, ainsi que la mise en place de clauses qui garantissent que les pays en développement « reçoivent une part équitable des bénéfices des projets ».

Michel Sage
1- Counter Balance est une coalition de 7 ONG européennes travaillant dans les secteurs du développement et de l’environnement qui vise à réformer la Banque Européenne d’Investissement.
2- Eurodad  est un réseau de 55 ONG provenant de 18 pays européens et travaillant sur les thèmes de la dette, du financement du développement et de la réduction de la pauvreté.

Publié dans Revue du Web

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